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Stargirl, la nouvelle super-héroïne cheesy mais lumineuse du DC Universe

Stargirl, une nouvelle héroïne intrigante, mais très stéréotypée, débarque dans l'univers sombre de Titans et Doom Patrol.

Avec l’arrivée prochaine de HBO Max, la plateforme de streaming de WarnerMedia, aux États-Unis, le destin du service DC Universe est incertain. Le département de production de l’écurie appartient au même groupe, il n’y a donc aucune raison de répartir leur contenu sur deux plateformes au lieu d’une. Pour le moment, le diffuseur dédié à Batman et ses camarades continue son petit bout de chemin avec le lancement d’une troisième série originale, Stargirl, qui fait suite à Titans, Doom Patrol et le dessin animé pour adultes Harley Quinn.

Courtney Whitmore, alias Stargirl, n’est pas la justicière la plus connue de DC Comics, surtout dans les pays francophones. C’est une héroïne assez jeune (sa première apparition remonte à 1999) et particulièrement importante pour son créateur, Geoff Johns, qui est également le showrunner de l’adaptation. Son nom, son apparence et ses traits de personnalité représentent un hommage à la sœur de l’auteur, décédée dans le crash d’un avion en 1996. La particularité de Stargirl réside dans son sceptre cosmique, une arme puissante et consciente, capable de voler, lancer des rayons d’énergie et se défendre par sa propre volonté.

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L’adaptation proposée par DC Universe est une origin story se déroulant dans un monde où l’existence des super-héros est connue par le grand public. Courtney Whitmore (Brec Bassinger, vue dans 47 Meters Down) est présentée comme une adolescente réfléchie, joviale mais endeuillée de n’avoir jamais pu connaître son père, mort dix ans auparavant. Sa mère s’est remariée avec Pat, l’ancien acolyte du super-héros Starman. S’il est parvenu à cacher sa véritable identité pendant une décennie, Courtney va finalement découvrir son passé de vigilante et tomber sur le sceptre cosmique, qui va se réveiller de son long sommeil sous l’influence de la jeune fille.

L’Arrowverse version gros budget

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Stargirl est une petite révolution dans les séries du DC Universe, dans le sens où elle s’impose avec un environnement moins sombre et mélancolique que Titans et Doom Patrol. En revanche, elle retrace une origin story très classique du super-héros. On retrouve des tropes inhérents au genre (l’absence du père, la découverte des pouvoirs avec l’adolescence), croisés avec des éléments du teen drama (la vie au lycée, la puberté mêlée au destin de l’héroïne). Un mélange efficace, mais déjà traité en long et en large, notamment dans les séries récentes Cloak and Dagger et Runaways.

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À ce titre, le show de Geoff Johns se rapproche très clairement des productions de l’Arrowverse. Et sans surprise, son architecte Greg Berlanti est crédité à la production. Stargirl est particulièrement proche dans son ADN de The Flash, avec une adaptation qui englobe et accepte fondamentalement son univers extravagant, au risque de paraître kitsch. C’est une œuvre colorée et lumineuse, symbole de sa justicière optimiste, avec un solide budget et des effets spéciaux pas toujours réalistes mais artistiquement plaisants. Pour les lecteurs de comics, cette adaptation très fidèle pourrait complètement les convaincre de suivre les aventures de Courtney.

La série propose aussi dans son approche esthétique une patte qui renvoie aux créations d’Amblin, la boîte de production de Steven Spielberg. Il n’est pas rare de voir surgir à l’écran des références à E.T. et au Géant de fer dans le premier épisode. Une marque de nostalgie agréable et franchement réussie, qui offre à Stargirl une atmosphère encore une fois très éloignée de ses cousins de Gotham City. Au vu du contexte de pandémie actuelle, Courtney et ses acolytes héroïques font du bien à l’esprit, évoluant dans une histoire feel good et positive.

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Du haut de ses 20 ans, Brec Bassinger assure dans le rôle d’une Stargirl pleine d’assurance et athlétique. Elle soutient la majeure partie de la réussite de la série sur ses épaules, accompagnée de seconds rôles pas toujours justes mais connus des sériephiles (Luke Wilson de Roadies, Amy Smart de Shameless, Joel McHale de Community…). Si la dramaturgie de cette famille recomposée sonne souvent faux et surtout déjà-vu, le show ne manque pas d’humour et se révèle même au final plutôt séduisant, si vous acceptez quelques scènes cheesy et que les bons sentiments gratuits ne vous révulsent pas.

Wilson Fisk dans Daredevil, le Joker dans The Dark Knight, Loki dans The Avengers… On dit souvent que la qualité d’une production super-héroïque se mesure à l’écriture de son méchant. Malheureusement, Stargirl pêche sur cette voie, avec l’intervention agaçante du fameux "freak of the week" à chaque nouvel épisode et un vilain sur le long terme qui peine à convaincre par ses intentions et son charisme. Reste toutefois l’opposition idéologique entre la Justice Society of America et leur pendant maléfique, qui promet une bataille finale épique et une association de héros palpitante.

Avec son retour à un univers aseptisé (quoique ponctué de quelques scènes sanglantes), son héroïne lumineuse et bien-pensante et ses effets visuels parfois très grotesques, Stargirl avait tout pour devenir le vilain petit canard du DC Universe. En réalité, elle incarne peut-être un "renouveau" pour la plateforme, ou tout du moins le premier ingrédient d’une recette divergente qui ne dépeint pas qu’un monde noir et voué à la ruine. Une sorte d’étoile filante dans l’espace saturé des super-héros, qui devra toutefois gonfler ses enjeux pour s’emparer, en plus du sceptre, du trône cosmique sur le petit écran.

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En France, la première saison de Stargirl reste inédite.

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Par Adrien Delage, publié le 20/05/2020