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La véritable histoire des Peaky f*cking Blinders

Publié le

par Lisa Coll

Avec la fin de la série qui vient d'arriver sur Netflix, il est temps que vous sachiez qui sont vraiment Thomas Shelby et sa fratrie.

La véritable histoire des Peaky f*cking Blinders

Ⓒ BBC

Après avoir regardé les six saisons de l'une des œuvres les plus populaires du petit écran de ces dernières années, dont la dernière est sortie le 10 juin sur Netflix, il est temps d'en apprendre un peu plus sur la famille Shelby. Car, oui, les Peaky Blinders ont réellement existé. Le charismatique Tommy Shelby, ses frères et son entreprise sont fictifs, mais ils sont fortement inspirés de bandits bien réels, qui ont terrorisé toute une génération à Birmingham, en Angleterre.

L'histoire est évidemment romancée, à commencer par sa temporalité. Les Peaky Blinders étaient à leur apogée vers 1880, soit bien avant les années 1920. Une des autres différences entre la fiction et la réalité est qu’ils étaient moins organisés, mais plus violents et vicieux. Il n'est pas certain que les spectateurs se seraient identifiés aux personnages s'ils avaient été fidèlement reproduits.

Et pour cause, à la fin des années 1850, les quartiers pauvres d’Angleterre étaient un terrain propice à la violence. Un environnement dans lequel les voyous en tout genre proliféraient. Racket, contrebande d’alcool et de tabac et paris illégaux étaient leur quotidien. Pour échapper à la police, les escrocs ont créé des gangs (de parfois plus de 100 personnes) pour continuer leurs délits en toute impunité : on les appelait les "slogging gangs".

Les Peaky Blinders, l’un des gangs les plus redoutables

Rapporté par Profession Gangster, le témoignage d’un magistrat de l’époque victime d’une émeute illustre de quoi ils étaient capables. Le 7 avril 1872, des membres d’un slogging gang sont passés devant sa maison. Il est sorti, accompagné de son fils, avec un bâton pour les faire fuir. Le garçon s’en est sorti couvert de sang, avec la lèvre et les oreilles coupées.

Les Peaky Blinders ont peu à peu fini par faire régner leur propre loi, ne craignant aucune autorité, pas même la police. La ville est, à la fin du XIXe siècle, reconnue comme l’une des plus violentes de Grande-Bretagne.

Selon la rumeur, on doit le surnom de "Peaky Blinders" à leur "casquette aveuglante". On dit qu’ils cousaient des lames de rasoir sur le devant pour s’en servir comme arme. Aucune preuve ne confirme cette théorie, mais c'est la plus répandue. Même si, après des recherches, on se rend compte que les lames de rasoir n’étaient pas répandues à l’époque et qu’elles coûtaient cher.

L'explication la plus probable est que ces sloggers portaient leur casquette sur le côté et qu’ils les pliaient de sorte qu’on ne voit pas leurs yeux. Là encore, rien n’est sûr. Concernant les membres des Peaky Blinders, des archives de la police du comté des Midlands de l’Ouest ont permis de découvrir plusieurs noms : Harry Fowler, Ernest Bayles, Stephen McHickie, Thomas Gilbert ou encore Charles Lambourne.

Harry Fowler et Ernest Bayles (Photo d'identité judiciaire)

Stephen McHickie et Charles Lambourne (Photo d'identité judiciaire)

Contrairement à ceux de la série, les Peaky Blinders n’étaient pas élégants. Issus de la classe ouvrière dans les quartiers pauvres, ils n’avaient pas de quoi bien s’habiller. Pourtant, ils ont tellement marqué les esprits par leur violence que le nom est ainsi devenu commun à tous les bandits faisant partie de ce genre de groupe en Angleterre.

La fin d’un règne

Il faudra attendre le début des années 1910 pour que les Peaky Blinders perdent de leur influence. Un nouveau slogging gang s’impose alors : les Birmingham Boys. Un certain Billy Kimber était à la tête de ce gang qui contrôlait plusieurs hippodromes. Oui, comme Billy Kimber qui fait irruption dans le bar des Shelby pour s’entretenir avec Tommy dans la première saison.

En plus de la destruction de cet empire, les autorités ont peu à peu repris en main la ville de Birmingham. Le nombre d’officiers de police a augmenté et beaucoup de membres des Peaky Blinders ont été condamnés à de lourdes peines. Les autres ont, pour la plupart, fini par s’engager dans l’armée.

En parallèle, plusieurs clubs de loisirs ont été créés pour les adolescents, ce qui a permis à la jeunesse de se divertir autrement qu’en traînant dans les rues. De moins en moins de gangs se sont ainsi formés les années suivantes.

Steven Knight, descendant des Shelby ?

Le showrunner de Peaky Blinders n’a pas écrit cette série par hasard. Faisant partie de la lignée des "Sheldon", un gang exerçant les mêmes activités que les Peaky Blinders, Steven Knight a été inspiré par les histoires de son père, une en particulier. Il explique pour History Extra :

"Mon père m'a raconté que lorsqu’il avait 8 ou 9 ans, son père lui a donné un message sur un bout de papier et lui a dit 'va remettre ça à tes oncles'. […] Il a frappé à la porte et, là, il y avait une table avec environ huit hommes autour, impeccablement vêtus, portant des casquettes et avec des armes dans les poches. La table était couverte d’argent. […] Juste cette image, la fumée, l'alcool et ces hommes impeccablement habillés dans ce bidonville de Birmingham, m'a tout de suite fait penser à une mythologie. C'est la première image avec laquelle j'ai commencé à travailler."

La série a ensuite eu le succès qu’on lui connaît. Alors que toutes les saisons de Peaky Blinders sont désormais disponibles sur Netflix, Steven Knight a prévu de se pencher sur un long-métrage et une série spin-off dans le même univers.

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